C’est moi, Robert

Je me présente : Robert, dit Robert‑le‑Gras, 1er du nom, héritier autoproclamé du coussin moelleux du salon et souverain incontesté du frigo entre 6h et 6h07. Ma vie n’a pas toujours été faite de croquettes premium et de siestes stratégiques. Jadis, je vivais dans la rue, libre, fier, affamé… bref, un poète incompris. Puis un jour, une humaine m’a recueilli. Depuis, je cohabite avec celle que j’appelle affectueusement La Gueuse.
Pourquoi ce titre, me demanderez‑vous ? Eh bien, parce qu’il faut bien nommer les choses : elle est mon humble servante. Elle prétend être “ma maîtresse”, mais soyons sérieux deux minutes. Qui nourrit qui ? Qui ouvre la porte à qui ? Qui se lève à 3h du matin parce que Monsieur a décidé que c’était le moment de courir dans le couloir ? Voilà. Merci.
Ma vie avec la Gueuse
La Gueuse a un mode de vie fascinant, presque anthropologique. Par exemple, elle possède une étrange obsession pour les objets rectangulaires lumineux. Elle les regarde, les touche, les tapote, comme si elle tentait d’invoquer un esprit. Parfois, elle rit toute seule. Parfois, elle dit “j’en ai marre”. Moi, je m’assois sur le clavier pour l’aider. Elle n’apprécie pas toujours mon soutien.



Autre rituel : celui du ménage. La Gueuse passe son temps à ramasser mes poils, comme si elle espérait un jour gagner la bataille. Quelle naïveté. Je renouvelle mon pelage quotidiennement, par pure générosité. C’est ma manière de lui laisser un souvenir de moi dans chaque pièce.
Et parlons de sa manie de m’appeler “mon bébé”. Je suis un seigneur, pas un nourrisson. Mais je tolère, car cela s’accompagne souvent de gratouilles derrière les oreilles et de friandises.
En vérité, malgré ses bizarreries, La Gueuse est une humaine correcte. Elle chauffe mon lit, remplit mes gamelles, et me laisse régner en paix. Alors je reste. Par charité, bien sûr.
Signé : Robert‑le‑Gras, 1er du nom Chat de noble lignée (auto‑proclamée), expert en sieste et en domination douce.
